Pourquoi les immeubles des années 1950 doivent aujourd'hui être rénovés énergétiquement ?
- dunarch28

- 6 juil.
- 5 min de lecture

Depuis plusieurs années, la rénovation énergétique est devenue un sujet incontournable. Hausse du coût de l’énergie, amélioration du confort des occupants, réduction des émissions de gaz à effet de serre… les raisons de rénover un bâtiment sont nombreuses.
Mais derrière les échafaudages et les nouvelles façades se cache une réalité souvent méconnue : une rénovation énergétique performante ne consiste pas à remplacer quelques fenêtres ou une chaudière. C’est une réflexion globale sur le fonctionnement d’un bâtiment.
Depuis 2024, j’interviens aux côtés du bailleur social HOMY, basé à Châteaudun, dans le cadre de plusieurs opérations de rénovation énergétique sur des immeubles construits entre 1955 et 1960. Mon rôle est de réaliser les relevés sur site ainsi que les plans techniques qui serviront ensuite aux équipes de maîtrise d’œuvre et aux entreprises chargées des travaux.
Cette expérience m’a permis de mesurer à quel point ces opérations sont devenues
essentielles pour l’avenir de notre patrimoine immobilier.

Pourquoi rénover aujourd’hui ?
Les immeubles construits dans les années 1950 répondaient aux besoins de leur époque. Ils étaient robustes, fonctionnels et permettaient de loger rapidement de nombreuses familles.
En revanche, les préoccupations énergétiques étaient alors très différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui. L’isolation était limitée, les systèmes de chauffage moins performants et la ventilation souvent naturelle.
Résultat : ces bâtiments consomment davantage d’énergie, offrent parfois un confort thermique inégal et nécessitent aujourd’hui une modernisation pour répondre aux exigences actuelles.
Pour les bailleurs sociaux, l’enjeu est double : améliorer le confort des locataires tout en réduisant durablement les consommations d’énergie.
Une réglementation qui évolue rapidement
La rénovation énergétique n’est plus seulement un choix. Elle est progressivement devenue une obligation. Ces dernières années, plusieurs évolutions réglementaires sont venues renforcer les exigences de performance des logements.
2021 : le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) devient plus fiable et juridiquement opposable.
2022 : les chaudières fonctionnant exclusivement au fioul ne peuvent plus être installées dans la plupart des logements. À partir du mois d’août, les loyers des logements classés F et G sont gelés.
2023 : les logements les plus énergivores commencent progressivement à sortir du marché locatif. Les logements classés G les plus consommateurs ne peuvent plus être proposés à la location. L’audit énergétique devient également obligatoire avant la vente des logements classés F et G.
2025 : les logements classés G sont désormais interdits à la location. L’audit énergétique est étendu aux logements classés E lors de certaines ventes.
2028 : les logements classés F ne pourront plus être loués.
2034 : les logements classés E seront à leur tour concernés par l’interdiction de location, tandis que l’audit énergétique sera également exigé pour la vente de nombreux logements classés D.
Cette évolution progressive laisse le temps aux propriétaires et aux bailleurs d’engager des travaux, mais elle montre surtout que la rénovation énergétique est désormais inscrite dans la durée.

Où un bâtiment perd-il sa chaleur ?
Une idée reçue consiste à penser que les fenêtres sont responsables de toutes les pertes d’énergie.
En réalité, elles ne représentent qu’une partie du problème.
Les études thermiques montrent que les principales déperditions d’un bâtiment ancien se répartissent généralement de la manière suivante :
41 % par les murs ;
21 % par les planchers hauts et la toiture ;
17 % par le renouvellement d’air ;
10 % par les menuiseries ;
9 % par les ponts thermiques ;
2 % par les planchers bas.
Ces chiffres montrent pourquoi une rénovation performante ne peut pas se limiter au remplacement des fenêtres.
L’objectif est de traiter le bâtiment dans son ensemble afin que tous les éléments fonctionnent de manière cohérente.

Le programme de rénovation
Les bâtiments sur lesquels j’interviens regroupent 86 logements répartis dans 14 cages d’escalier, sur des immeubles de trois ou quatre niveaux.
Le programme de travaux comprend plusieurs interventions complémentaires.
L’isolation thermique par l’extérieur
Les murs représentent la principale source de déperditions de chaleur. L’isolation par l’extérieur permet d’envelopper entièrement le bâtiment d’une nouvelle couche isolante. Cette solution améliore les performances énergétiques sans réduire la surface habitable des logements et limite fortement les ponts thermiques. Elle améliore également le confort d’été en ralentissant la montée en température des logements.
L’isolation des planchers hauts
La chaleur monte naturellement.
Sans isolation performante, une partie importante de l’énergie produite s’échappe par
les derniers niveaux et la toiture.
L’isolation des planchers hauts permet donc de réduire significativement les besoins en
chauffage.
L’isolation des planchers bas
Même si les pertes sont plus limitées, l’isolation des planchers bas améliore le confort des logements situés au rez-de-chaussée en supprimant la sensation de sol froid. Elle participe également à la performance globale du bâtiment.
Le remplacement des menuiseries des parties communes
Les halls d’entrée et les caves constituent souvent des zones sensibles aux infiltrations d’air.
Le remplacement des menuiseries améliore l’étanchéité du bâtiment, limite les déperditions et apporte un meilleur confort aux occupants.
Une ventilation adaptée
Isoler un bâtiment sans améliorer sa ventilation serait une erreur. Une enveloppe plus performante limite naturellement les échanges d’air avec l’extérieur. La mise en place d’une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) collective garantit un renouvellement permanent de l’air, évite les problèmes d’humidité et améliore la qualité de l’air intérieur.
Le remplacement des chaudières
Les anciennes chaudières sont remplacées par des chaudières à condensation.
Cette technologie récupère une partie de la chaleur contenue dans les fumées de combustion, ce qui améliore considérablement le rendement énergétique tout en réduisant les consommations.
La reprise des balcons
Au-delà de leur aspect esthétique, les balcons constituent parfois des points sensibles du bâtiment. Leur reprise permet d’assurer leur pérennité, tout en participant à la modernisation
générale de l’immeuble.

Un travail qui commence bien avant les travaux
Avant qu’une entreprise puisse intervenir, il est indispensable de connaître parfaitement le bâtiment. C’est dans cette phase que j’interviens.
Ma mission consiste à réaliser un relevé complet de l’existant, à effectuer les métrés puis à produire les plans en deux et trois dimensions qui serviront de base aux études et à la préparation des travaux.
Même lorsque des plans d’origine existent, ils ne reflètent pas toujours fidèlement la réalité après plusieurs décennies d’utilisation et de transformations. À ce jour, j’ai déjà réalisé les relevés de deux immeubles et deux autres opérations sont programmées.
Ce travail de préparation est souvent discret, mais il constitue une étape essentielle pour permettre aux équipes de concevoir une rénovation adaptée à chaque bâtiment.
Une rénovation pensée pour plusieurs décennies
Une rénovation énergétique ne consiste pas uniquement à réduire une facture de chauffage.
Elle améliore durablement le confort des habitants, valorise le patrimoine immobilier et prépare les bâtiments aux exigences des prochaines décennies.
Les immeubles construits dans les années 1950 possèdent de nombreuses qualités. En les adaptant aux standards actuels, il est possible de prolonger leur durée de vie tout en répondant aux enjeux environnementaux et économiques d’aujourd’hui.
Vous avez un projet de rénovation ou de permis de construire dans le secteur de Châteaudun ?
En tant que dessinateur en architecture installé dans le Dunois, j’accompagne particuliers, collectivités, bailleurs et professionnels dans la réalisation de relevés de bâtiments existants, de plans 2D et 3D, de dossiers de permis de construire, de déclarations préalables et d’études de faisabilité réglementaire.
Que votre projet concerne une rénovation énergétique, une extension, une réhabilitation ou une construction neuve, une bonne connaissance de l’existant reste la première étape vers un projet réussi.

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